Recompenser l'installation de caméra à bord
La caméra transforme donc la question des captures accidentelles : on passe d'une estimation essentiellement fondée sur les animaux retrouvés morts à une observation directe des interactions entre pêche et espèces protégées. Son intérêt est particulièrement fort pour comprendre comment, quand et avec quel engin survient la capture. Son principal obstacle est moins le principe scientifique que le coût du dispositif, du traitement des images et l'acceptabilité par les professionnels, ce qui plaide pour un dispositif transparent, sécurisé et construit avec les pêcheurs.
1. Avantages scientifiques
Elles permettent d'observer directement les interactions entre les engins de pêche et les espèces protégées : cétacés, oiseaux marins et, selon les programmes, autres espèces sensibles.
Elles renseignent beaucoup plus précisément sur le lieu, l'heure, l'engin, la partie du filet concernée et les circonstances de la capture.
Une même caméra peut enregistrer un nombre d'événements beaucoup plus important qu'un observateur humain embarqué.
Les images peuvent être revisionnées plusieurs fois, ce qui permet de vérifier l'identification des espèces et d'analyser les circonstances de la capture.
Elles permettent également d'évaluer l'efficacité de dispositifs de réduction des captures, par exemple les pingers ou dispositifs installés sur les filets.
2. Un intérêt particulier pour les espèces difficiles à quantifier
Les données issues des échouages donnent une vision indirecte des mortalités en mer. Les caméras permettent au contraire de documenter ce qui se passe effectivement à bord, y compris les captures qui ne donnent pas nécessairement lieu à un échouage. C'est pourquoi l'État les considère comme une source complémentaire aux déclarations des pêcheurs et aux observations scientifiques embarquées.
3. Coût financier.
À l'échelle des programmes OBSCAMe et OBSCAMe+, l'enveloppe 2021-2026 est estimée par un rapport sénatorial à 20 à 22 millions d'euros. Le rapport souligne néanmoins que le coût rapporté au nombre de jours en mer reste inférieur à celui des observateurs embarqués.
4. Principales difficultés et réserves
Le volume considérable de données vidéo crée un important travail de stockage, de traitement et d'analyse.
L'équipement représente une contrainte technique et financière pour les armements.
La présence de caméras peut susciter une réticence des pêcheurs, notamment en raison de la crainte que l'outil soit utilisé à des fins de contrôle ou de sanction.
La question de la vie privée des marins doit donc être encadrée. Le dispositif français précise que les caméras sont installées à des fins scientifiques et non de contrôle, avec des dispositions destinées à protéger la vie privée.
Enfin, une caméra ne suffit pas à elle seule à mesurer toute la mortalité : elle doit être croisée avec les déclarations, les observations embarquées, les données d'effort de pêche et les données d'échouage.
French | Parties Prenantes | Économique | Social | Environnement | Captures accidentelles |
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